La voix du nord

R 136, LE PREMIER SUPERCALCULATEUR MUTUALISÉ «MADE IN HAUTS-DE-FRANCE»

C’est un cube en cuivre doré de 6 cm sur 6, pesant 1,6 kilo, que vous pourrez éventuellement poser sur votre cheminée. Bourré de technologies, « R 136 » (le nom de la plus grosse étoile de l’univers) est un « cube quantique ». Une « machine à calculer » à la puissance 3 à 6 fois supérieure à votre ordinateur, mais consommant dix fois moins d’énergie. Ce « cube » est la première brique du supercalculateur « made in Hauts-de-France » que lance Jean-Baptiste Laurent, domicilié à EuraTechnologies Lille.

«  Un supercalculateur, c’est d’ordinaire un bâtiment gigantesque, une infrastructure remplie de milliers de microprocesseurs chargés de démultiplier la puissance de calcul des ordinateurs  ». En France 18 supercalculateurs sont actuellement en service (pour Engie, Total, EDF, mais aussi le CNRS, le Commissariat à l’énergie atomique, etc.). Le plus grand, le Bull Sequena installé dans l’Essonne a une puissance potentielle de « 20 pétaflops », l’équivalent de 75 000 ordinateurs branchés en simultané, capable de réaliser 20 millions de milliards d’opérations à la seconde. Vertigineux.

Gérer un réseau électrique à l’échelle d’un pays, modéliser le climat, simuler des recherches en sous-sol, envoyer une fusée dans l’espace, simuler les propriétés d’un vaccin sur nos cellules… Les besoins en « supercalcul » sont infinis mais coûtent très cher, hors de portée de nombre de chercheurs ou petits laboratoires. Ces « méga-ordinateurs » sont également extrêmement gourmands en énergie, nécessaire notamment pour refroidir les millions de processeurs en action.

Un million de milliard d’opérations à la seconde

Afin de démocratiser l’utilisation des supercalculateurs, pourquoi alors ne pas « mutualiser » la puissance disponible de milliers d’ordinateurs particuliers afin de les mettre au service de la recherche ? L’idée n’est pas neuve. En 1996, la Nasa a ainsi rassemblé 6 millions d’ordinateurs « bénévoles » pour calculer les ondes extraterrestres. Jean-Baptiste Laurent a imaginé un nouveau concept.

Acheté par les particuliers (à partir de 88 euros), le « cube » se branche avec une clef USB et est pilotable depuis son smartphone. Il ne consomme pas plus d’électricité qu’une ampoule de 10 watts. Via le wifi et le logiciel associé, tous les cubes en activité sont connectés entre eux pour réaliser des calculs intensifs. Ces derniers seront dans un premier temps dédiés à deux laboratoires de recherche, l’un en faveur de la lutte contre le cancer et l’autre pour la formulation d’un vaccin contre le Sida. Sur 100 euros générés, 75 % sont reversés aux propriétaires des cubes (7 euros par mois pendant 18 mois), 20 % à l’entreprise R136, et 5 % à une association (Aids, Colibri ou Les Petits Princes).

«  L’idée est vraiment de démocratiser l’accès à la recherche. Notre objectif de départ est d’arriver à 10 000 cubes connectés en un mois  », l’équivalent d’une puissance de calcul d’un pétaflop (un million de milliard d’opérations à la seconde). La souscription est lancée pendant 30 jours (sur le site r136.fr), la mise en service étant prévue pour mars. Envie de tenter l’aventure ?

 

 

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