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Lille – Il fonde R 136 et crée un supercalculateur en faveur de la recherche médicale

La start-up R 136 a créé un supercalculateur à EuraTechnologies (Lille) dédié aux calculs intensifs pour la recherche médicale. Rencontre avec son fondateur, Jean-Baptiste Laurent.

 

À seulement 27 ans, cet humaniste défenseur de valeurs écologiques diplômé d’une expertise bas carbone, compte bien porter sa pierre à l’édifice de la recherche médicale et autres projets scientifiques.

Jean-Baptiste Laurent fonde sa start-up qu’il baptise R 136 (en référence à l’étoile « gigantesque » R 136 A1 à l’origine « d’un cataclysme dans le monde scientifique » souligne-t-il) qui sera incubée à EuraTechnologies, à Lille (Nord), pendant un an ; de septembre 2016 à août 2017.

Avec son équipe, le jeune homme a imaginé à Lille et produit en France un supercalculateur, accessible aux particuliers, aux entreprises et aux institutions.

Supercalculateur, quèsaco ?

« C’est une infrastructure regroupant des dizaines de milliers d’ordinateurs, voire plus, capable de réaliser des opérations de calculs intensifs par seconde ou du traitement de données simultanées », explique Jean-Baptiste.

Proche visuellement d’un data center, sa construction nécessite habituellement « 1 milliard d’euros ». Le supercalculateur est assez peu répandue en France, contrairement aux États-Unis et en Chine, reconnus pour avoir les plus puissants au monde. Chez nous, il en existe que 18, détenus en partie par de grandes sociétés telles Total, EDF, GENCI (qui en possède 4) ou Météo France.

Jean-Baptiste, lui, s’apprête à dévoiler le 19e de France.

C’est un supercalculateur virtuel et éthique. Il sera 10 fois plus puissant et 6 fois moins énergivore.

L’objectif de R 136 est de proposer à de jeunes laboratoires de recherche – n’ayant pas les moyens de bénéficier des services d’un supercalculateur – de soutenir leurs travaux scientifiques grâce à une puissance de calculs intensifs constante jour et nuit non exploitée par les particuliers. Les services de la start-up lilloise leur reviendraient à deux fois moins chers que ceux d’un autre supercalculateur.

Rémunérés contre leur participation

Les supercalculateurs consomme une énergie importante. L’infrastructure demande en effet tout un système de climatisation perpétuel pour éviter la surchauffe. Le plus puissant du monde consomme 15 mégawatts. En répartissant ces cubes quantiques chez les particuliers, R 136 fait de l’économie sur le système de refroidissement et minimise l’impact écologique.

Mais comment cela se met en place ? Toute personne peu se procurer l’un des cubes quantiques vendus dès 88 euros sur le site de R 136 depuis mardi 19 décembre 2017. Une fois reçu, il devra être branché sur une prise « avec un câble identique à celui d’un chargeur de téléphone ». L’acquéreur pourra ensuite scanner le QR code gravé sur l’une des façades du cube, le connecter au réseau wifi et enfin le gérer à distance via l’application mobile développée.

Nous avons développé un logiciel, gratuit et disponible en open source sur internet, qui permet de faire travailler tous ensemble les cubes quantiques achetés par les particuliers, développe le fondateur. La gestion de ce supercalculateur décentralisé composé de tous ces cubes se fera via un regroupement, quelque part en France, de 8 000 cubes.

Les acheteurs d’un cube quantique seront rémunérés 7 euros par mois, sur une période de 18 mois. Cinquante centimes seront reversés à une ONG de son choix qu’il sélectionne sur l’application mobile ; AIDS, Colibri ou Le Petit Prince. Il devra également choisir les projets scientifiques auxquels il veut participer. Pour le moment, ils ne sont que deux : le soutien de calculs intensifs en faveur de la formulation d’un vaccin contre le VIH ou la lutte contre le cancer.

Jean-Baptiste espère ainsi « démocratiser l’informatique » et offrir à tous citoyens « l’opportunité de s’impliquer dans des projets de recherche scientifique ». Cependant, il tient à souligner « qu’il n’y aura jamais de projets en rapport avec l’armement, le nucléaire et le pétrole. »

Plus on a de cubes achetés, plus les laboratoires ont de chance d’avancer dans leurs recherches.

R 136 s’est fixé l’objectif de vendre en 30 jours 10 000 cubes quantiques. Quantité pour permettre une vitesse de calculs « très intéressante » pour les laboratoires. La vente des cubes prendra quant à elle fin le vendredi 19 janvier 2018. « Si l’objectif n’est pas atteint, les acheteurs seront remboursés ».

Prochaine étape pour la jeune pousse : l’installation au Sénégal prévue en février prochain et, dans les mois à venir, en Europe.

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